119e année – T. 78 – juillet-aout-septembre 2016

 

Dossier :Journée d’étude « Un monasterium à l’ombre d’un oppidum : le cas de l’abbaye Saint-Géraud d’Aurillac »

 

Sébastien FrayLa topographie du monastère Saint-Géraud d’Aurillac : apports et limites des sources écrites du xiie siècle

Résumé : L’objectif de cet article est de dresser un état des lieux des informations que fournit la documentation écrite du xiie siècle sur l’organisation topographique du monastère Saint-Géraud d’Aurillac. Constituées des gesta abbatum et de deux formulaires de serments féodaux, ces sources sont mises en rapport avec le reste de la documentation aurillacoise, qu’elle soit diplomatique, hagiographique ou autre. L’étude revient sur ce que l’on croit savoir sur l’histoire de l’abbatiale, des autres lieux de culte compris dans l’enclos monastique (Saint-Clément, Saint-Benoît, la Madeleine, Saint-Sauveur) sans oublier le cloître. Elle propose une lecture critique des hypothèses anciennes, soulevant de nouvelles questions et hypothèses.

Mots-clés : Topographie monastique ; inhumations ; critique des sources

Noms de personnes : Adralde ; Carlat (vicomtes de) ; Émile ; Géraud (saint) ; Géraud de Saint-Céré ; Mabillon ; Nicolas IV (pape) ; Odon, Pierre de Cisières ; Pierre de Malafaida ; Pierre de Roquenatou

Noms de lieux : Aurillac ; Cluny ; La Madeleine ; Saint-Benoît ; Saint-Clément ; Saint-Gall ; Saint-Géraud ; Saint-Pierre et Saint-Clément ; Saint-Riquier ; Saint-Sauveur ; Volturne

Lucien GerbeauDocuments sur l’état moral et matériel de l’abbaye avant la grande épreuve de 1569

Résumé : Comme bien d’autres, l’abbaye Saint-Géraud très florissante et prospère dans les premiers siècles qui suivirent sa fondation par le comte Géraud, subit par la suite un lent et inexorable déclin jusqu'à sa suppression et sa transformation en chapitre de chanoine par une bulle de sécularisation fulminée par Rome en 1561. Plusieurs causes ayant provoqué cette lente agonie peuvent être envisagées : les révoltes successives des bourgeois d’Aurillac contre cette institution afin d’en obtenir toujours plus de libertés et de franchises, la guerre de Cent Ans, mais surtout le laisser aller des religieux et les manquements à la Règle bénédictine tant au sein de l’abbaye que dans ses nombreuses dépendances. Le Concordat de 1516 en instituant la commende, ne fit qu’entériner un état de fait existant depuis longtemps à Aurillac. Ce furent cependant ces abbés commendataires qui entamèrent dès le début du xve siècle des travaux de restaurations tant à l’église abbatiale qu’aux autres édifices du monastère. Tous ces efforts de reconstructions ou de restaurations furent interrompus et parfois réduits à néant par l’arrivée et la prise de la ville par les protestants.

Mots-clés : Abbaye ; règle ; religieux ; moines ; protestants ; calvinistes ; hôpital

Noms de personnes :  Poyssac (Guy de) ; Pouzols (Géraud de) ; Marfons (Jean de) ; Salesse (Vincent) ; Roquier (Jean) ; Saint-Mamet (Georges de) ; Cardailhac (Jean et Antoine) ; Anjony (Jean d’) ; Saint-Martin dit Béchet (Charles de) ; Saint-Nectaire (Charles de) ; Naucaze (Antoine de) ; Sermur (Jean de) ; Témolet (Antoine) ; Lamyre (Guillaume) ; Navarre et Condé (princes de) ; Espinassol (Pierre) ; Laroque-Dupont

Noms de lieux : Aurillac ; Veiraretes ; Belleperche ; Saint-Christophe ; La Besserette

 

Hervé MiratonL’Enquête secrète sur le monastère d’Aurillac avant sa sécularisation

Résumé : Dans le cadre du Projet collectif de recherche sur l’abbaye de Saint Géraud, l’étude de l’Enquête secrète de 1555 permet de faire le bilan sur la situation du monastère avant sa sécularisation. Ce document, anciennement connu, nécessite une nouvelle étude exhaustive de ses témoignages afin de les réinterpréter. Il doit d’abord être replacé dans le contexte du concile de Trente et de la Contre-réforme face à la montée du protestantisme tout en comparant ce cas avec celui d’autres localités dans une situation similaire. La qualité des personnes incriminées montre enfin qu’il s’agit d’aristocrates qui, n’ayant pas de véritable vocation religieuse, continuent à vivre selon leur condition d’origine, même si cela choque la population.

Mots-clés : monastère ; vie religieuse ; Contre-réforme ; protestantisme ; historiographie

Noms de personnes : H. Durif ; G.-M.-F. Bouange ; G. Esquer ; E. Joubert ; P. Charbonnier ; Charles de Senectaire ; Peyronelle ; La Pyrona ; Floreta ; Jean Veyre ; Antoine de Saint-Martial ; Géraud Labeau ; Géraud de Cébier ; Antoine de Senectaire ; Marie de Senectaire

Béatrice FournielÀ la recherche d’indices topographiques concernant le monastère Saint-Géraud d’Aurillac : un nouveau regard sur les archives des xviie et xviiie siècles

Résumé : la documentation écrite des xviie et xviiie siècles donne parfois quelques indices sur la topographie du monastère Saint-Géraud transformé en chapitre de chanoines séculiers en 1561. Si infimes soient-elles, ces indications peuvent être utiles pour éclairer les découvertes archéologiques. Cette présentation tend modestement à montrer, à partir de quelques archives choisies, comment exploiter ces sources et ouvrir la voie vers une relecture des textes de l’époque moderne, complémentaire des recherches sur le terrain.

Mots-clés : aliénation ; cimetière ; cloître ; investison ; jardins ; maison abbatiale ; topographie.

Noms de personnes : Claude-Matthias de Barral ; Jean-Sébastien de Barral ; Pierre Delolm ; Basile Delsol ; Pierre Jolha/Joulhes/Jaulhac ; Jean Lagat ; Jacques-Joseph Lasmoles ; Hercule de Manziéri ; Amalric Morzières ; Charles de Noailles ; Pierre-Antoine Textoris

Noms de lieux : Aurillac ; rue du Buis ; rue Delboix ; église Saint-Géraud

 

Cécile RivalsL’apport de la documentation planimétrique à la connaissance de la topographie de l’abbaye Saint-Géraud d’Aurillac : deux études de cas

Bibliographie

Abbé (Jean-Loup), « Le paysage peut-il être lu à rebours ? Le paysage agraire médiéval et la méthode régressive », Les territoires du médiéviste, Rennes, Presses universitaires de Rennes, 2005, p. 383‑399.

Beaufrère (Abel), « L’église Saint-Géraud, étude fragmentaire », Revue de la Haute-Auvergne, t. 38, 65e année, 1963, p. 237-248.

Bloch (Marc), « Les plans cadastraux de l’Ancien Régime », Mélanges d’histoire sociale, t. III, 1943, p. 55‑70.

Clément (Nicolas), « Le monastère Saint-Géraud d’Aurillac mis au jour », Revue de la Haute-Auvergne, t. 75, 2013, p. 405-416.

Grimmer (Claude), Histoire des rues d’Aurillac, Clermont-Ferrand, Éditions De Borée, 2008.

Muzac (André), « Visages d’Aurillac dans le passé, catalogue de l’exposition », Revue de la Haute-Auvergne, t. 43, 75e année, 1973, p. 377-475.

Résumé : Les plans anciens de l’époque moderne, conçus tantôt pour arbitrer un conflit, tantôt pour la levée de l’impôt, renseignent avec précision sur le paysage urbain d’Aurillac au moment de leur réalisation. Mais ces documents planimétriques renferment un autre type d’information, ils gardent la trace d’aménagements antérieurs, souvent effacés par les grands bouleversements de la voirie à partir du XIXe siècle. Un traitement adéquat de ce type de source permet d’apporter des éléments complémentaires à la connaissance de la topographie de l’abbaye Saint-Géraud-d’Aurillac.

Mots-clés : Abbaye ; enclos monastique ; clocher ; sources planimétriques ; méthode régressive

Noms de lieux : Aurillac ; rue du Buis ; place de la fontaine de l’Aumône ; place Saint-Géraud

Lucie DorsySondages dans les archives des xixe et xxe siècles : des perspectives

Résumé : D’interprétation parfois difficile, les archives des xixe et xxe siècles permettent de comprendre l’évolution du quartier Saint-Géraud à cette époque : le changement de visage de la place Saint-Géraud et le passage d’un cimetière à un square du côté du chevet de l’église.

Mots-clés : Abbaye ; topographie urbaine.

Noms de personnes : Abel Beaufrère ; Henri Delolm de Lalaubie ; Juste Lisch ; Parra ; Jean-Baptiste Perret ; Pierre de la Roque ; Roques.

Noms de lieux : Place Saint-Géraud, Aurillac ; Place de la Bienfaisance, Aurillac ; Rue de la Fontaine de l’Aumône, Aurillac ; Square de Vic, Aurillac

Anne SoulaRetour sur l’iconographie moderne et contemporaine

Résumé : À travers le prisme de l’iconographie moderne et contemporaine, c’est une vision biaisée de l’abbaye Saint-Géraud qui s’offre à nous. Depuis le xviie siècle jusqu’au xxe siècle, l’abbaye n’apparaît principalement qu’à travers le clocher de l’église - qui plus est, est contemporain - dépassant du toit des petites maisons aurillacoises. La vue en perspective de la ville d’Aurillac en 1640 offre une image déformée de l’église abbatiale, alors même que les vestiges du cloître et de la maison abbatiale sont en ruine et en cours d’amendement. La mémoire collective populaire a oublié l’abbaye, seule l’église Saint-Géraud perdure. Elle est d’ailleurs appelée église, basilique, même parfois cathédrale dans certains journaux, mais rarement abbatiale… La population aurillacoise et les artistes ont gommé l’abbaye et son histoire, dont il ne subsiste que saint Géraud, à l’honneur sur l’affiche de la Fête du millénaire de 1972, et Gerbert, le pape de l’an mil (Sylvestre II), dont sa statue trône sur la place éponyme. Des légendes sont forgées autour de ces personnages à l’image de cette toile figurant saint Géraud chassant le sanglier. Les fouilles préventives ont changé le regard porté sur le passé de la ville d’Aurillac. Ce Projet collectif de recherche va permettre à la population de se réapproprier l’histoire de l’abbaye d’Aurillac.

Mots-clés : Abbaye ; iconographie ; mémoire collective.

Noms de personnes : Géraud d'Aurillac.

Noms de lieux : Aurillac ; Laroquevieille ; Montvert ; Roumégoux ; Saint-Simon.