119e année – T. 78 – avril - juin 2016

Dossier : Entre Doire et Bertrande

 

Annie Rassinot – Jean-Philippe Usse : Les énigmatiques souterrains aménagés entre Doire et Bertrande

Résumé : La région du canton de Saint-Cernin comporte quelques cavités comme tout le reste du Cantal qui ont gagné en crédibilité du point de vue de l’archéologie depuis la fin du xxe siècle. Leur période d’occupation semble concerner le bas-Moyen Âge pour une utilisation de stockage des céréales oubliée depuis. D’autres pistes ont été proposées mais restent difficiles à corroborer fautes d’archives ou de résultats de fouilles archéologiques.

Mots-clés : Anhistoriques, bas-Moyen Âge, conservation des grains, archéologie, divinités chtoniennes, encoche en virgule, fusaïole, céramique globulaire, poterie, goulots, silos, souterrains, stockage et conservation des grains.

Personnes : Albigeois, Alphonse Aymar, Mathieu Carlier (INRAP), Delzangles, HenriDurif, Jean. Masfrand, Jean-Michel et Bernadette Sauget, Jérôme et Laurent Triolet, Léonce Bouyssou, Raymond VII de Toulouse.

Noms de lieux : Bassignac, Bex, Camps, Freix-Anglards, Girgols, Laroquevieille, Marzes, Ourzeaux, Saint-Cirgues-de-Malbert, Saint-Illide, souterrain du Caire, Tidarnac, Tournemire, Trémont.

Annie Rassinot – Jean-Philippe Usse : Habitats troglodytiques à Besse et Tournemire

Résumé : Quelques falaises de roches volcaniques de la région entre Doire et Bertrande ont conservé des traces d’habitat troglodytique. La prospection archéologique de quelques-unes de ces cavités a permis d’en dégager trois types topographiques. Peu connues du grand-public, elles témoignent pourtant de l’histoire d’une population rurale dont les archives ont laissé peu de traces et dont une phase principale de développement pourrait correspondre à la période d’expansion démographique des xe-xiiie siècles, suivi d’un déclin à la période moderne, sans qu’il soit possible dans le cadre actuel des connaissances de bien le délimiter oul’expliquer.

Mots-clés : Moyen Âge, boyau, cavité, coulée volcanique, grotte, habitat troglodytique, abri-sous-roche, massif cantalien, pied de falaise, prisme basaltique, tube de dégazage.

Noms de personnes : Bouillet (Jean-Baptiste), Dautier (André-Yves), de Goër (Alain de Hervé), Delpuech (André), Deribier du Chatelet (Jean-Baptiste), Delzangles(Fernand), Fourquin (Guy), Marty (Edouard), Sauget (Bernadette et Jean-Michel), Tible (René), Watelet (Pierre).

Noms de lieux : Civadal (Besse), Bouygues (Lascelle), Cayla vers le Col de Curebourse (Saint-Clément), Cuze-de-Neusssargue (Sainte-Anastasie), ferme de Lavergne (Fontanges), Brèche d’Enfloquet au Roc des Ombres (Le Fau), Saint-Cernin, Saint-Chamant, vallées d’Enserre et de la Maronne, Commune de Tournemire : Anjony, Estenailhou, Lavergne, ruisseau le Malrieu.

Hervé Ginalhac :  La tour du Cayla et le château de Barriac, commune de Saint-Illide

Résumé :L'expression « tour du Cayla » désigne un petit ensemble fortifié au fond des gorges de la Bertande, au nord du village d'Albart (Cne de Saint-Illide). Comparable par sa situation topographique et par sa physionomie à d'autres sites fortifiés voisins, dans les gorges de la Maronne, il semble être antérieur au xiiie siècle. Les raisons de l'implantation de telles fortifications en fond de gorges restent mal connues. Possession de la famille Barriac depuis 1392 le Cayla est un emblème seigneurial jusqu'à la Révolution. Mais cette famille ne semble pas y avoir résidé préférant le château de Barriac à Albart. Il s'agit là d'une maison forte édifiée à la fin du Moyen Âge ou au début du xvie siècle. C'est alors le véritable centre de la seigneurie des Barriac jusqu’au xviiie siècle. Un prix fait de 1627 et un inventaire de biens de 1754 permettent d'en restituer la structure, typique des gentilhommières de cette région.

Ainsi le Cayla et le château de Barriac peuvent être une illustration locale de l'évolution de l'habitat seigneurial du Moyen Âge à l'époque moderne.

Mots-clés : Site fortifié en fond de gorges, tour, château, fossé, habitat seigneurial, maison forte.

Noms de personnes : Rigal de Conquans (xive siècle) ; Jean-Baptiste Verdier de Puycastel (xviiie siècle) ; Famille Barriac(de) : Rigal(xive siècle), Antoine(xvie siècle), Guyon(xviie siècle), Joseph-François(xviiie siècle).

Noms de lieux :

 - dans la commune de Saint-Illide : Albart, Barriac, le Cayla, le Perle, Les gorges de la Bertrande.

 - Saint-Christophe-les-Gorges (canton de Pleaux).

Guy Jalenques :  Le château de Marzes

Résumé :  La tour de Marzes, ruine perchée sur un promontoire qui domine le vallon du ruisseau de la Merlie, est un monument emblématique de la commune de Saint-Cernin trop peu connu. Après une étude architecturale décrivant une tour à base carrée significative du bas-Moyen-Âge, l’auteur évoque l’histoire du lieu du xiiie au xvie siècle à travers plus de six générations de propriétaires.

Mots-clés : affar, cottice d’argent, tour carrée, coussiège, latrines, machicoulis.

Noms de lieux : Carlat, Doire, Marzes, la Merlie, Saint-Cernin, Tournemire, Anjony, Roquenatou, Saint-Chamant

Noms de personnes : Prosper Mérimée, Viollet-le-Duc, Henri Delmont, Deribier du Châtelet, Abbé Peschaud, Henri DurifBruno Phalip, commandant de Tournemire, Pierre Golfier, Jean de Miramont-Pesteil, Pierre Golfier, (pour les autres, cf. 3ème partie « plusieurs générations de propriétaires »).

René Monboisse : Découvertes au château du Cambon 

Résumé : Des pierres sculptées ont été mises au jour lors de travaux déployés dans la cour d’arrivée du château du Cambon. L’étude les met en perspective par rapport aux différents propriétaires connus au bas-Moyen-Âge et par rapport au château fortifié démoli et remplacé par l’actuelle demeure du xviiie siècle. La plus significative représente un crénelage où apparaissent trois personnages.

Mots-clés :  créneaux, chambranle, sculptures

Noms de personnes : Bonne-Gabrielle de Saint-Chamant, frères Guillaume d’Anjony et Pierre d’Anjony, clerc, Guy d’Albars alias La Boyssonie, Jean Claude de Pouzols de la Garrigue, Jean Raymond de Calonne d’Avesne, l’archidiacre Jean d’Anjony, Louis et de Louise Chapel de la Salle, Pantaléon de Lignerac

Noms de lieux : Cahors,château du Cambon, Faumonteil,le château allié de Marzes.palais Jacques Cœur,Quercy, rivière de la Merlie

René Monboisse : Ancien plan de Saint-Cernin

Résumé :Un des plans commandés par les prêtres de la communauté d’Aurillac dans le début du xviie siècle dresse en forme de dessin imagé et coloré une grande partie du territoire des paroisses de Saint-Cernin et de Saint-Martin-de-Valois.

Mots-clés : affars, communaux, cours d’eau, châteaux, chemins, églises, maisons, notables, tènements.

Noms de personnes :Henri de Lalaubie, dame de Grenier de Comiac, dame de Pouzols, famille de Lignerac, saint Léobard.

Noms de lieux : Anjony, Aurillac, Bargues, Bassignac, Cambon (le), Camette (la), Cros, Fraissy, Fontbulin, Faumonteil, Girgols, Lascelles, Laubac, Marze, Ourzeau, Rageaud, Saint-Cernin, Thouroux.

Claire et Henri Sabatier : Le plan de la montagne de Broussette (1779). Un paysage cantalien au XVIIIe siècle

Résumé : Le plan de la montagne de Broussette (commune de Girgols) date de 1779, conservé aux Archives nationales. Le terme de « montagne » doit être entendu ici au sens cantalien d’estive. Il s’agit d’un exemple de plan terrier, dressé à l’occasion d’un litige foncier : c’est donc plus exactement un « plan de contentieux ». Son premier intérêt tient à la rareté d’une telle représentation cartographique d’une estive, terroir hautement caractéristique de la Haute-Auvergne. Les autres plans concernant le Cantal conservés aux Archives nationales sont ceux de forêts.À sa rareté s’ajoute la qualité technique du plan de Broussette : il est quasiment superposable à la vue satellite actuelle de cette montagne ; c’est dire la grande qualité du travail cartographique effectué par son auteur, Jacques-Joseph Lasmoles. C’est du même coup constater la permanence, au moins apparente, de ce terroir, à la fois dans sa délimitation « cadastrale » et dans sa vocation agricole. La production fromagère, activité traditionnelle de la montagne de Broussette, devait d’ailleurs y perdurer jusqu’en 1982 environ, soit un peu plus de 200 ans après la réalisation du plan qui nous occupe.

Edouard Bouyé : Anjony : un donjon, des archives

Résumé : L’ensemble homogène des papiers féodaux et de gestion domaniale conservés dans le château d’Anjony - 18 mètres linéaires – n’a pas souffert, depuis huit siècles, de destruction ou de détérioration. On trouve donc là en un même lieu le chartrier correspondant à des biens situés principalement dans la vallée de la Doire (Girgols, Tournemire et Saint-Cernin), mais aussi, au gré des acquisitions et des alliances, dans plusieurs cantons cantaliens, voire hors du département (Issoire). Les dossiers de ces domaines sont intéressants car ils contiennent des documents antérieurs à leur acquisition par la famille. Ces pièces, remontant parfois au xive siècle, forment une source de premier plan pour l’histoire de ces communes, ou du moins de certains de leurs villages, de leurs habitants, de leur économie et de leur agriculture au Moyen Âge. L’ensemble du fonds a fait l’objet d’un nouveau classement archivistique entre 2004 et 2013 et il est conservé, depuis mars 2013, dans une salle aménagée ad hoc dans l’une des tours. La consultation des documents de plus de 150 ans sera libre, via les Archives départementales, quand la numérisation ou le microfilmage de tout ou partie du fonds auront été réalisés. Ces archives d’Anjony ont été, dans le même temps, à la demande de leur propriétaire et sur la foi de l’inventaire réalisé, classées juridiquement comme archives historiques. C’est, de la part de l’administration des archives, la reconnaissance de leur caractère exceptionnel.

Mots-clés : Archivistique ; chartrier ; seigneurs

Familles citées : d’Anjony ; de Léotoing ; Pellisier de Féligonde ; Algarra comte de Vergara ; de Montgolfier, Brosset-Heckel, Lavergne.

Noms de lieux :Escorailles, Girgols, Joursac, Jussac, Lanobre, Laroquevieille, Marmanhac, Saint-Cernin, Saint-Cirgues-de-Malbert, Saint-Projet-de-Salers, Tournemire

Anne Both : « Onfait des tas » ? Ethnographie d’un chartrier

 

Résumé : Les archivistes, malgré l’outillage méthodologique et réglementaire dont ils disposent peinent à expliquer ce qu’est le classement. A la faveur d’une enquête ethnologique au sein des Archives départementales du Cantal, j’ai eu le privilège d’assister à la fin de celui du chartrier du château d’Anjony. Cette expérience inédite apporte un éclairage saisissant sur le rapport qu’à l’archiviste à ce fonds, à la fois dans la dimension intime, anachronique et matérielle.

Mots-clés : Ethnographie, chartrier, classement, temporalité, désordre.

Personne citée : Édouard Bouyé

Lieux : Anjony ; Tournemire ; Cantal

Véronique Breuil-Martinez et Guilaine PonsLa chapelle d’Albart à Saint-Illide. Sculpture, mobilier et décor peint de Pierre Fritel (1853-1942)

 

Personnage emblématique de Saint-Illide, Pierre Bos-Darnis,est le fondateur de la chapelle, né le 16 avril 1809 à Albart et mort le 26 février 1869 à Paris, fils illégitime de Joseph Darnis et de Marie Bos, son père ne l’ayant pas reconnu. La commande a été passée à des architectes parisiens de renom : Auguste-Joseph (1816-1885) et Lucien Magne (1849-1916). Pierre Fritel, l’auteur du décor peint, est un artiste parisien connu et reconnu, comme la famille Magne.

Selon les sources, la construction de la chapelle a commencé en 1874 ou 1875 et s’est achevée en 1886 ou 1887. Les archives de la commune, aujourd’hui conservées aux archives départementales, permettent d’en apprendre plus sur ce chantier laborieux.

Mots clefs : architecture ; xixe siècle ; décor peint ; chapelle ; hospice.

Noms de lieux : Saint-Illide, Hospice et chapelle d'Albart.

Personnes citées : Pierre Bos-Darnis ; Virginie-Louise-Sophie Bonin ; Auguste-Joseph Magne ; Lucien Magne ; Pierre Fritel

Nicole Vatin-Pérignon : La coulée basanitique de Saint-Chamant-l’Hôpital et son environnement ruiniforme

Résumé : La coulée de l’Hôpital, prolongement et terminaison naturelle de la coulée basanitique de Saint-Chamant, surmonte l’extrémité amincie, riche en matrice et pauvre en blocs, du dépôt de l’avalanche de débris de l’Ouest du Cantal. Seule la partie basale de la coulée, prismée en fausse colonnade, et sa semelle plus indurée, supportent le village de l’Hôpital et semblent flotter sur un substratum bréchique disparaissant dans les herbes d’un flanc de vallon.

Mots-clés : Basanite, avalanche de débris, coulée prismée, fausse colonnade, vraie colonnade

Noms de lieux : La Bertrande, l’Hôpital (Saint-Cirgues-de-Malbert)

Commune deSaint-Chamant :  Lespinet, Mont Sergent, Rouffilange.

Nicole Vatin-Pérignon : Originalité d’une coulée basaltique de plateau : le tube de Besse

Résumé : La coulée basanitique de Besse présente, au niveau du bois de Civadal, des orgues basaltiques rayonnantes, passant de l’horizontalité à la verticalité, qui appartiendraient à un dyke d’alimentation et à sa structure aérienne en neck. Dans la partie autobréchiée inférieure, un orifice correspondant à un tube cylindrique de faible dimension pourrait être le témoin du dégazage du magma basaltique lors de sa montée dans la fissure.

Mots-clés : Basanite, coulée, colonnade, prismation divergente, gaz volcanique, tube de dégazage.

Noms de lieux : Besse, Saint-Chamant-l’Hôpital, Doire, Bertrande. Maronne, ruisseau de Serre, Gouttedial, Civadal, Fournadoux, Domal.